La lettre de SUD-Éducation 46 / 26 février 2015

Les écoles : Protocole tragique en Préfecture
Les collèges : portrait d’un collèg(u)e triste

jeudi 26 février 2015
popularité : 0%

Les écoles : Protocole tragique en Préfecture

Ça y est, les autoproclamés « grands élus » du Lot ont signé le protocole concocté par le Rectorat. L’enjeu : fermer les écoles de moins de deux voire trois classes sur le département.

Cela s’est fait dans des conditions tenant du rocambolesque, du grand art dans la manipulation médiatique. En voici le déroulé :

Acte un, M. Vayssouze fait passer une itw dans la Dépêche dans laquelle il affirme être prêt d’un accord avec le CCSEV (le Collectif opposé au projet), abandonnant les points qui crispaient le collectif depuis de nombreux mois. Il affirme avoir mis au point un nouveau protocole qui plaira à tout le monde.

Deuxième acte, le Préfet du Lot invite tous les signataires dudit protocole en préfecture afin de boucler ce dossier qui n’a que trop traîné. Que font nos élus ? Ils répondent à cet appel pour le moins surprenant, jetant aux orties leur écharpe de parlementaire, pour obéir, le doigt sur la couture, au pouvoir exécutif.

Troisième acte : le jour dit, la Dépêche du Midi est là pour assurer la photo et le Préfet de déclarer qu’il a eu au téléphone quelqu’un du collectif qui lui a donné son aval sur la signature de ce protocole.

Or, le CCSEV, le lendemain, sur son blog, affirme que le Préfet n’a joint aucun de ses membres avant la signature...De là à s’imaginer que le Préfet a menti pour faire passer la pilule...

Enfin, La Vie Quercynoise pouvait titrer, dès le mercredi : « Les écoles du Lot sauvées ».

Face à tant de basses manœuvres, on ne peut que concevoir de l’amertume.

Et là nous en venons au rôle des syndicats. Si Sud-éducation, la CGT, FO, et le Snuipp se sont élevés contre ces projets de fermeture, le SE-Unsa, lui, a applaudi des deux mains et le Sgen a enrobé sa position conciliante dans de la novlangue rassurante, comme en témoigne le terme de « remaillage », abondant dans la prose de ce syndicat sur ce sujet sensible.

En outre, il ressort que les enseignants du primaire ont été délibérément tenus à l’écart de ces discussions, de même que les maires des villages (des « petits » élus ?) qui n’ont pas été consultés, alors que les écoles relèvent de leur attributions.

Ayons une pensée pour les écoles du Ségala, par exemple, qui, à 90%, n’ont qu’une classe, et qui devront donc fermer.

A moins que...

Les collèges : portrait d’un collèg(u)e triste

On vient d’avoir Charlie. Ça nous en a fichu un coup. Alors on se questionne : et si l’école n’y était pas pour rien ? Mais on est rassuré : tout le monde le dit : l’école est une priorité absolue. On va y développer plus encore le "vivre ensemble".

Et paf : les DGH tombent (les heures allouées pour l’année prochaine). Pas plus d’heures que l’année dernière, où on nous expliquait qu’on était tellement bons qu’on s’était permis de réduire les heures de l’année d’avant. Et puis, comme l’éducation prioritaire, c’est prioritaire, et bien les heures d’Actions Éducatives, on pouvait les laisser rien que pour eux.

Nous, à Gambetta, on n’est pas prioritaires. Alors les 620 heures annuelles d’Actions Éducatives ont été remplacées par 5 HSA, c’est-à-dire 175 heures, qu’on appellera Indemnités pour Missions Particulières. Avec ça, on peut tout faire : payer les coordinateurs disciplinaires, ET faire tout ce qu’on faisait avant en 620 heures, le tout selon des contrats d’objectifs et une logique managériale, comme à l’usine… Sauf qu’à l’usine, on ferme et les gens se retrouvent au chômage.

Après enquête, personne n’est prioritaire ici. Même pas les gamins largués qu’on aidait aux devoirs, ou qui se remotivaient par l’atelier musique… La République leur dit : venez assister à nos cours, et si vous n’y comprenez rien, c’est de votre faute, alors, au moins, fermez la !

On arrête de rigoler : le collège doit devenir un genre de zoo étanche où l’on contraint les élèves à assister aux cours, et c’est tout. Enfin, quand on y arrive : l’administration n’a aucun moyen de scolariser un enfant, même de moins de seize ans, qui n’a plus envie de venir.

Et puis comme on est vraiment très bons, on pourra intégrer dans nos cours (qui se réduisent au minimum) une Éducation Morale et Civique : expliquer aux jeunes qu’ils doivent respecter la République, même quand elle leur crache dessus (t’es pas assez bon pour qu’on t’aide) ou qu’elle leur ment (va en seconde générale, là ils ont des onguents miracles qui te remettront d’aplomb), et tout ça avec le sourire, et dans le cadre de nos cours.

Bon, c’est un peu dépressif, tout ça. Mais on nous a tellement endormis qu’on hésite entre fatalisme et léthargie. Rassurons-nous : le feuilleton continue : évaluation (le grand dossier en est au stade grand silence), école numérique (quel sponsor va gagner le gros lot ?), Nouveaux Programmes (quelle matière va perdre combien d’heures ?). De quoi nous achever.

Bon, ça suffit :

Ou bien on dort, ou bien on se révolte.

Comment ?

Devant chaque prof, il y a des élèves ; derrière chaque élève, il y a des parents. Dans les Conseils d’Administration, les parents sont atterrés ; il faut relayer l’info, la partager avec les parents et les autres établissements : si vous bougez, faites bougez les autres.

Si un établissement sollicite un rendez-vous à l’Inspection Académique, il l’aura. Avec un peu de chance ( ?) on lui allouera quelques heures grappillées ailleurs, et donc prises ailleurs. Mais si on y va tous ensemble ?

Contactez-nous : nous relaierons l’info.

Les déchargés de Sud-éducation 46

sudeducation46@gmail.com


Brèves

31 août - Bulletin d’adhésion 2017-2018

Pour adhérer dès maintenant, cliquer ici pour télécharger le bulletin d’adhésion