La lettre de SUD-Éducation 46 / 10 novembre 2014

Manifestation contre les fermetures d’école
Sivens

jeudi 13 novembre 2014
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Sauvons les écoles de village

Manifestation samedi 15 novembre, à 11 heures, place Gambetta à Cahors contre les fermeture d’écoles : le projet, nous le rappelons, est de fermer les écoles de moins de trois classes dans le Lot. Un projet délirant qui, s’il se fait, va accélérer la désertification de notre département.

Alors, tous à la manif de samedi !

Sudéducation 46 à Sivens : reportage militant

« Quand je suis arrivé ici, j’étais non-violent »

K., zadiste de 20 ans

A la Zad du Testet, après la mort de Rémi Fraisse.

K. est arrivé au Testet il y a deux mois pour manifester pacifiquement. Aujourd’hui il joue avec des pétards, des feux de bengale. De la poudre. Pour passer le temps, il fait la causette aux curieux qui viennent au Testet. En ce dimanche pluvieux, une semaine après la mort de Rémi Fraisse, il en arrive par grappes. Des jeunes, des moins jeunes, tous viennent ici pour se rendre compte par eux-mêmes, à la fois de l’immensité de l’ouvrage prévu par le conseil général du Tarn, et de l’occupation du lieu par les « Zadistes ».

Ils peuvent ainsi constater qu’à une vallée où s’élevaient des arbres, où vivaient plantes et animaux, il y a encore deux mois, a succédé une plaine morte, marron, boueuse, longue de trois kilomètres sur huit cent mètres de large. Avant que les bulldozers ne fassent leur œuvre, une forêt s’étendait là. La forêt de Sivens est classée comme étant une zone humide et reconnue comme ayant une importance primordiale pour la diversité de la faune et de la flore dans ce coin du Tarn.

K. porte un blouson qui a vécu, un pantalon déchiré aux fesses aux pieds, des chaussures solides. « Ici nous sommes à la pointe », déclare-t-il, non sans une certaine fierté. « On est au bout de la zad. Si les flics arrivent, c’est par là qu’ils arriveront. » Un amoncellement de branches et de troncs d’arbres, doublé par des tranchées profondes barrent l’entrée de la Zad, obligeant les visiteurs à faire le tour par les bois. « Faites attention, j’ai mis des pièges. Des pièges artisanaux, vous ne les avez pas vus ? y’en a partout dans la forêt. » Non, on ne les a pas vus.

Depuis la mort de Rémi, les képis aussi se font rares. Il semblerait que l’heure soit à l’apaisement du côté du pouvoir. On se méfie. Une seconde bavure serait catastrophique. Alors on laisse faire. Du coup, les zadistes soufflent et s’organisent. En quelques jours se sont élevées des constructions précaires, faites d’assemblages de planches, de palettes, de bouts de tôle. C’est Zoulouland, l’Altitude, la Métaierie, des zones reconquises par les zadistes, arrachées à la boue. Ici chacun sait que le combat risque de s’inscrire dans la durée. Comme à Notre Dame des Landes, où la Zad a pris racine dans le bocage nantais.

K. était en apprentissage. Il a perdu son boulot le 31 août. Le premier septembre il a entendu parler d’une action de défense de la zone humide du Testet, non loin de chez lui, où des travaux de déboisement devaient commencer. Il est venu, il n’en est pas reparti. Tu es heureux ici ? Son visage s’illumine : « Je sais que d’ici, et jusqu’à trois kilomètres dans cette direction, je suis libre. Je fais ce que je veux. » La sensation doit être bonne, car il faut être motivé pour rester là. En effet sa « cabane », comme il l’appelle, est des plus spartiate. Il accepte volontiers un pull. Il était présent le soir des affrontements qui ont été fatals à Rémi. « Rémi est tombé vers une heure et demie. On n’a rien lâché. Ils nous balançaient des lacrymo, nous on avait que des pierres. Et puis tout d’un coup, vers quatre heures et demie, ils nous ont gazé en balançant des dizaines de fumigènes. On a reculé, et quand le nuage s’est dissipé, ils avaient disparu, comme par enchantement. On se serait cru dans un film. » Il tente de faire partir une fusée, qui meurt à terre en sifflant. « En fait ils sont venus, ils ont tué, et ils sont repartis. »

Aujourd’hui le pouvoir ne sait que faire. Il a perdu la bataille de l’opinion, et après ce qui s’est passé, on imagine mal une reprise imminente des travaux. Comment faire taire ce mouvement ? A la Zad, il n’y a pas de chef, ni de porte parole, tout est rigoureusement horizontal dans l’organisation et la prise de décisions. Ainsi, difficile de faire pression sur quelques leaders identifiés, essayer de les suborner, ou de les diviser. D’autant que l’état d’esprit des zadistes n’est pas à la négociation « Il n’y a rien à négocier. Ils doivent renoncer au barrage, point. »

Aujourd’hui la France compte deux Zad : l’une à Notre Dame des Landes, l’autre au Testet. Ce sont autant d’endroits de résistance à la folie qui s’est emparée de nos « décideurs ». Dans le Tarn, une poignée d’élus vieillissants et cumulards doit aujourd’hui regretter d’avoir voté comme un seul homme pour un projet dont, pour la plupart, ils ignoraient tout. Cette tragique nuit du 26 octobre servira d’avertissement à ceux qui voudront imposer des projets insensés aux populations. Désormais, vous ne pouvez plus nous ignorer !

Sud éducation 46

Enfin, la Une du dernier Lot en Action ici.

Sud éducation

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