Lettre de SUD-Éducation 46 / 26 septembre 2013

La refondation, le privé, les précaires, les AVS, Sarko, Valls et Ellen Dausse.
jeudi 26 septembre 2013
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Refondation Peillon, qui peut encore faire semblant d’y croire ?

Rien n’a changé depuis que Peillon est ministre.

Il a conservé tout ce que la droite a fait : les programmes de 2008, Base élève, le livret individuel de compétences, une prise en compte des élèves les plus en difficulté qui relève de l’imposture.

Il a rajouté : la désorganisation de la semaine, les affichages obligatoires (la charte de la laïcité), des responsabilités aux enseignants.

Dans le climat de ras-le-bol ambiant, cette « Charte de la laïcité » pouvait apparaître au mieux comme inutile au pire comme une incitation à la haine envers ceux qu’on pourrait soupçonner d’attaquer la laïcité : suivez le regard de Fillon-Le Pen- Copé (au train où vont les choses, nous pourrons bientôt ajouter Valls).

Mais les enseignants ont-ils remarqué qu’

« Il appartient à tous les personnels de transmettre aux élèves le sens et la valeur de la laïcité, ainsi que des autres principes fondamentaux de la République. Ils veillent à leur application dans le cadre scolaire. Il leur revient de porter la présente charte à la connaissance des parents d’élèves. » (Art.10)

Cet article signifie qu’en cas de problème avec des parents, l’enseignant sera tenu responsable d’avoir, ou non, porté cette charte à la connaissance de ceux-ci.

C’est nouveau. En effet rien ne contraint le juge ou le flic à rappeler la loi au délinquant avant qu’il ne l’enfreigne. Désormais, avec cette charte, l’enseignant, lui, y sera tenu. Nul n’est censé ignorer la loi, ni la charte, pourrait-on ajouter.

Comment se fait-il que ce ministre, si fier de lui, détourne l’attention des vrais problèmes de l’école qui sont aujourd’hui davantage la neutralité commerciale et idéologique que la main-mise de la religion sur l’école ?

Réforme Peillon : la casse de l’école de la République.

M Peillon a décidé de transformer des heures d’enseignement en présence d’un professeur en heures de périscolaire en présence de personnels précaires, non formés et sous contrat avec le privé.

Qu’il était doux le temps où l’état offrait à tous les enfants de la République une école égalitaire au moins dans le sens où tous, quel que soit leur lieu de vie avaient droit au même enseignement.

Rien n’aurait été plus facile que de faire varier au niveau national les modalités d’enseignement afin que les rythmes des élèves soient mieux pris en compte. Au lieu de cela nous avons des temps disparates, occupés en fonction des moyens financiers et des choix politiques locaux.

Qu’est-ce qui a amené un ministre de l’éducation d’un gouvernement de gauche à offrir, au hasard et au privé, le temps de l’enfant ?

Au vu de ce qui se passe actuellement et des nouvelles stratégies de communication, on peut parier que le bilan de cette expérimentation sera jugé positif malgré la gravité de certaines situations (mise en danger d’élève, manque de projets, sous-encadrement).

Par contre, cela permettra d’ouvrir plus d’espace à une offre privée qui pourrait s’organiser : on peut se référer à l’imagination des catéchumènes (lire ici) et attendre les offres d’acadomia ou de l’UMP « service aide aux devoirs », au détriment de la prise en charge des enfants dans le cadre national de l’école publique.

Auparavant, les mairies organisaient leur offre en fonction du temps d’école afin que tous les enfants puissent accéder à l’école sans discrimination, aujourd’hui on impose l’intervention du privé dans des plages horaires qui étaient dévolues à l’Éducation Nationale.

Ainsi on pourra réduire encore le temps d’enseignement et bientôt utiliser un enseignant sur 2 classes en complément de l’offre périscolaire.

Ceci est simplement une idée de l’École que nous ne partageons pas avec ce gouvernement.

Fonctionnaires stagiaires, Emplois d’Avenir Professeur, étudiant-e-s stagiaires. Quels sont leurs statuts et leurs droits ?

Cliquer ici : http://www.sudeducation.org/Rentree-2013-Fonctionnaires.html

On ne sait plus où donner de l’AVS

Il est à noter que la multiplication des contrats d’AVS affublés d’une lettre : i, m, co, etc. et donc employables sur un certain type de tâches n’a pas facilité celle de l’IA qui se retrouve aujourd’hui débordée dans les affectations. Du coup, des élèves qui ont besoin d’AVS n’en ont pas, et des AVS attendent des élèves pour se mettre à travailler avec eux.

Le bazar, quoi. Mais nous ne sommes rentrés que depuis un petit mois. Qu’est-ce que c’est, dans la scolarité d’un élève handicapé, ou dyslexique ?

Il fait beau ce matin

Affaire Bettencourt : Les douze mis en examen, dont Nicolas Sarkozy, qui avaient formulé des requêtes en nullité, ont été déboutés par la justice ce mardi (lire ici).

Dans la course à l’échalote de 2017

Manuel Valls a dit à propos des Roms : « Ces populations ont des modes de vie extrêmement différents des nôtres et qui sont évidemment en confrontation ».

Le mot « évidemment » est gênant, bien entendu.

A ce jour, Manuel Valls est toujours au Parti Socialiste.

Dans la course au pouvoir

Après avoir pantouflé dans l’EN dans le Lot, Ellen Dausse, candidate aux dernières législatives au nom du parti politique de droite, l’UDI, a maintenant été appelée à de hautes responsabilités : elle est maintenant IEN dans le 47.

Ellen va donc être obligée d’appliquer des directives émanant d’une politique qu’elle critique publiquement.

Mais peu importe, car la course au pouvoir mène à tout, surtout aux bons boulots bien rémunérés.


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