COMMENT RAPPELER LES PROFESSEURS À L’ORDRE ? … EN SANCTIONNANT LEURS ÉLÈVES.

Vendredi 28 juin 2013 : Diplôme National du Brevet, Histoire-Géographie-Éducation civique.
dimanche 30 juin 2013
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Depuis quatre ans, les professeurs d’histoire-géographie-éducation civique appliquent les nouveaux programmes de collège. En 2009 les sixièmes, les cinquièmes l’année suivante et les quatrièmes l’année dernière ; jusque-là les choses s’étaient correctement passées. Nous savons que notre mission d’éducation n’a de sens qu’en relayant les travaux récents, mais jamais définitifs, des historiens, des géographes et des juristes qui étudient et donnent du sens au monde. Un monde dans lequel nos futurs concitoyens, nos élèves, vivent et vivront après nous.

Depuis la fin du mois d’avril, une pétition réclamant une relecture des programmes de troisième circule, elle compte aujourd’hui 5 332 signatures.

Ce mouvement n’a reçu aucune réponse pourtant les revendications sont simples, de bon sens et assez habituelles :

  • alléger un programme ambitieux, mais impossible à tenir dans les contraintes horaires de la classe de troisième.
  • donner du sens, comme pour les programmes des années précédentes, pour que les élèves parviennent à donner une cohérence à une accumulation de : faits, impacts, notions, formes, conséquences, évolutions, connaissances, explications, manières, problèmes, étapes, situations, événements majeurs, lieux, mesures, aspects, vies, valeurs, principes, années, choix, positions, arguments, processus, conflits, organisations, enjeux, dynamiques, activités, fonctionnements, paysages... arrêtons-nous à la moitié de la lecture du programme officiel.

N’oublions pas non plus le « Thème transversal d’histoire des arts.. », sympathique, agréable et formateur ; mais instauré sans aucun moyen.

Les professeurs ont malheureusement pris l’habitude de se résigner face aux fins de non recevoir de leurs demandes concernant les aspects pédagogiques de leur métier. Ils bougonnent, râlent en salle des profs, mais s’arrangent, chacun étant libre et responsable de ses choix.

Vendredi 28 juin 2013, 9 h 00.

Après quatre ans de bons et loyaux services, les professeurs découvrent les sujets qui sont censés évaluer les acquis, compétences et connaissances de leurs élèves en fin de troisième. Ils ont la mauvaise surprise de voir la réponse qui a été faite aux critiques concernant les programmes de troisième.

Les enseignants, à travers ce sujet, sont rappelés à l’ordre. Ils sont attaqués sur deux aspects essentiels de leur métier : la réussite de leurs élèves et leur liberté pédagogique.

13 points sur 40 concernent, en histoire comme en géographie, la dernière partie du dernier chapitre des programmes. Le message est clair : le programme est trop long ? … Vous le terminez !

Les autres questions du sujet ne concernent que les aspects secondaires des principaux thèmes du programme.

Le message là aussi est très clair : vous terminez le programme et vous en traitez tous les aspects, même les plus secondaires ! « Qu’est-ce qu’un conflit d’usage ? » ou « Qu’est-ce qu’un espace productif ? » Qui peut répondre à ces questions hors-sol ? Et comme à chaque fois, des questions déplacées : « L’intervention de Pierre Bérégovoy est-elle objective ? » Tous nos adolescents l’ont trouvé très objectif !

Nous sommes en colère car jusqu’à maintenant l’administration avait pour habitude de nous mépriser mais pas de s’en prendre à nos élèves.

Nos élèves sont aussi mécontents, nous avons entendus les nôtres et nous avons lu les témoignages de leurs camarades sur les réseaux sociaux. Leur lucidité est réconfortante et nous vous encourageons à consulter les sites où ils s’expriment. En général, ils en veulent aux professeurs de leur avoir demandé de retenir des choses importantes comme la brutalité de la Première et de la Deuxième Guerre mondiale, les génocides... la géographie de la France et de l’Europe... les institutions, les valeurs et les principes de la République française et de l’Union européenne … sans être interrogés sur cela. Beaucoup disent que tous ces cours n’ont servi à rien et, de fil en aiguille, il est normal qu’ils se posent la question de la valeur de ce qu’il y ont appris.

Ceux qui ont conçu ce sujet sont responsables du discrédit qu’ils jettent sur leur discipline.

Nous sommes encore plus en colère lorsque nous devons rassurer des élèves qui pensent avoir mal travaillé, lorsque nous savons que de bons élèves n’auront pas la mention méritée, que certains peut être échoueront, lorsque nous voyons certains de nos collègues se sentir coupables et dire qu’ils feront mieux l’année prochaine, lorsque nous dissuadons des parents de formuler des reproches.

Nos élèves ont bien travaillé, les professeurs ont respecté les programmes et ils ont fait l’impossible pour les finir.

Nous ne serons cette année, ni les uns ni les autres récompensés mais cela ne nous empêchera pas de faire travailler nos élèves dans l’esprit et la forme des programmes comme l’ont fait avant nous des générations de professeurs attachés à la République et à ses principes.

Ce n’est pas aux enfants d’être sanctionnés !

Alors, mesdames et messieurs, courage ! Venez défendre vos opinions !

Padirac, 29 juin 2013 - Damien Hanquet, Pomme Atanassoff, professeurs d’histoire, de géographie et d’éducation civique dans le Lot.


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