Lettre de SUD-Éducation 46 / n°30

lundi 17 juin 2013
par  p_sud
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Bonjour,

  1. Réforme Peillon : billet d’humeur.
  2. Agenda militant.

Réforme Peillon : billet d’humeur

Dernière minute :

Le Conseil d’État a rejeté le projet de décret visant à permettre un assouplissement des taux d’encadrement périscolaires dans le cadre d’un projet éducatif territorial.

http://www.jdanimation.fr/actualite/item/taux-d-encadrement-periscolaires-le-conseil-d-etat-rejette-le-projet-de-decret.html

Réforme Peillon :

Une réforme qui illustre le changement par l’inutile, l’amateurisme et l’effet de surprise.

Rien ne tient la route dans cette réforme :

Le texte régissant le Projet Éducatif Territorial permet et préconise l’intervention de bénévoles, de parents et des associations complémentaires, tout cela sous la houlette des maires. Il permet aussi que les activités soient non obligatoires et donc payantes. (les activités obligatoires ne pouvant encore être payantes dans notre république)

lien vers la circulaire :

http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=70631

La dérogation est la règle :

D’une part, les dérogations de droit pour n’adopter la réforme qu ’en 2014, d’autre part, le passage en 2013 avec dérogation, si l’organisation ne respecte pas la réduction du temps scolaire, c’est à dire 5h30 maximum par jour.

Il était plus important pour nos responsables de passer en 2013 sans respecter le rythme de l’enfant et les instances ont répondu favorablement.

Les raisons de cette mise en place sans respect de la loi sont : la précipitation, l’adaptation aux exigences des associations complémentaires, le désintéressement au rythme des enfants, ce qui ne nous étonne pas.

Malheureusement, cette loi n’aura rien changé.

Démocratie ? Égalité ?

Nous avons vu des conseils municipaux voter contre la mise en place en 2013 et des maires imposant, dans un déni total du choix des conseils municipaux, des lois républicaines et de la démocratie, la mise en place en 2013.

D’autres subissent la pression de la préfecture pour choisir la réforme en 2013.

Des IEN, dont on se questionne sur le zèle, passant outre l’organisation proposée par les équipes, imposent des organisations lors de réunions intimistes, hors de tout cadre.

Les critères de choix ne sont pas clairement exprimés et ne peuvent l’être.

Un projet gouvernemental inchangé :

Le but de cette démarche est la disparition des RPI trop coûteux (comme le souligne le rapport de la cour des comptes).

Peillon crée la situation qui donne tous les arguments pour la création des grands groupes scolaires qui engendreront un désert de services publics.

Comment ne pas voir que la création du péri-scolaire municipal dans la journée de l’enfant :

permet des temps différents selon les écoles (quid du rythme des enfants qui sera de fait différent selon les choix des mairies ?)

engendrera des contenus en fonction de la richesse financière des communes et du choix politique des maires.

Ceci conduira à la refonte de l’offre de service public d’éducation tant espérée par le pouvoir en place comme par le précédent.

Une fois que ces difficultés seront bien posées dans chaque territoire, l’étape qui suivra pour tous nos pragmatiques décideurs sera de faire remarquer que tout cela pourrait se faire dans de très bonnes conditions si on regroupait les élèves sur des gros groupes scolaires bien mieux dotés en CLSH et autres offres culturelles et sportives.

À ce moment là, personne ne pourra réfuter les arguments pour la fermeture des écoles rurales et l’idée tant rêvée par nos élus de rationaliser les dépenses d’éducation pourra être mise en œuvre.

Une réforme gratuite pour l’état

Mis à part le non remplacement de fonctionnaires par le gouvernement précédent, aucune réforme de l’école qui se présente comme une lutte contre l’échec et le mal-être des élèves n’a pu se faire sans investissement de l’état.

Mais la réforme Peillon le permet.

En effet, les 3 heures « libérées » dans la semaine sont prises en charge par les mairies et la demi-journée supplémentaire sera à la charge des enseignants qui n’ont aucune compensation pour les déplacements, les frais de garde des jeunes enfants et le temps perdu pendant lequel la mairie mènera ou pas ses activités. Que pourra faire le directeur si l’intervenant est malade ou absent ?

L’écran de fumée, corvéables à merci

Aucune compensation n’est prévue pour les enseignants.

Les discussions qui n’engagent personne à propos d’un ISOE pour les PE, sont faites comme une compensation aux 4 jours et demi alors que cet ISOE couvrirait une activité des enseignants antérieure à cette réforme.

En fait l’état (qui ne paiera rien) utilise ces négociations pour faire accepter 2 contraintes contre la promesse de compensation d’une seule.

Et les syndicats de se féliciter des discussions.

Rappelons que le point d’indice est bloqué depuis 2010, que les directeurs sont surchargés de travail administratif à cause des applications informatiques inadaptées à leur métier, que tous les enseignants rencontrent souvent les parents, préparent et animent des réunions, font les achats de leurs écoles, sont en contact avec les mairies, gèrent une coopérative et se déplaceront maintenant 25 % de plus à leurs frais. Les remplaçants feront plus d’heures que le taux légal sans qu’aucune compensation ne soit prévue.

On oublie trop vite

Rappelons aussi que le Lot (comme d’autres départements) n’a jamais connu le mercredi travaillé mais le samedi et il y a longtemps car il a toujours voté pour la semaine de 4 jours.

Tout n’étant pas gratuit

Ce sont les impôts locaux qui paieront les transports supplémentaires du Conseil Général et le périscolaire des mairies et ils sont à la charge de tous sans condition de revenus et seront donc supportés de manière plus douloureuse par les moins riches (ou les plus pauvres selon le point de vue de chacun).

Alors quoi ?

Aujourd’hui, une grande part des parents ne saisit pas l’amélioration, des maires luttent pour garder leur choix souverain, beaucoup d’enseignants ont bien compris qu’on les menait en bateau et qu’à part pour leur servilité, on ne les considérerait pas.

Alors la rentrée 2013 sera la dernière avant la généralisation et il sera encore temps de demander un projet ambitieux, viable et réfléchi.

SUD demande toujours la remise à plat de cette réforme avant 2014.

on nous a dit :

après les détecteurs de portables, le ministère déploiera à la rentrée des drones offerts par l’armée américaine au dessus des cours de récréation pour contrôler le temps passé à se tourner les pouces.

Agenda militant

> Un rendez-vous devenu habituel sous le chapiteau de Chercheurs d’étoiles, du 28 au 30 juin.

programme en lien : http://festivalchercheursdetoiles.org/

> Ciné-Débats Vendredi 28 Juin à 18h30

au : Le Lieu Commun Cahors (llcc)
68 r L.Michel (ex r St James) à CAHORS :

"Grandpuits et petites victoires"
La retraite à 67 ans pour nous, c’est NON !
doc de O.Azam (80’)
Une grève vue de l’intérieur.
Octobre 2010.Le gouvernement veut faire passer en force sa réforme des retraites, mesure d’austérité phare de Sarkozy.
La rue se réveille. À la raffinerie de Grandpuits on bloque.Les grévistes vont devenir, malgré eux, le fer de lance d’une lutte qui a mobilisé des millions de français.

À voir avant l’arrivée de la nouvelle réforme !

Proposé par des associations et membres du Lieu Commun à Cahors (dont Écoles Tiersmondes46, Libraithèque Droit à la Paresse, Le Lot en Action...) ces rencontres ciné-débats mensuelles permettent de (re)voir des documents qui ne sont pas projetés partout et d’ ouvrir des débats utiles à la compréhension du monde d’aujourd’hui.

Entrée libre.

Contacts : ETM 46 : 06 20 38 24 79

droitalaparesse46@orange.fr

Tél 05 65 22 01 51

librairie ouverte Mercredi et Vendredi 15h à 18h, Samedi 10h-13h


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