Lettre de SUD-Éducation 46 / n°27

jeudi 23 mai 2013
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Bonjour,

  1. Rapport de la cour des comptes.
  2. Goujounac : la lutte continue
  3. Les APC, les rythmes et l’arithmétique
  4. Campagne pour le boycott du LPC
  5. Agenda militant.

Rapport de la cour des comptes

La Cour des comptes a rendu public mercredi 22 mai son rapport concernant l’Education Nationale. Son titre : « Gérer les enseignants autrement ». Tout un programme, sous-tendu par une idéologie. En effet le terme « gérer » peut surprendre. On gère un portefeuille, un budget. Mais les enseignants ne sont pas des produits financiers. On voit bien que les auteurs du rapport ont chaussé leurs lunettes libérales pour scruter à la loupe le monde complexe de l’Education Nationale. Du coup, leurs recommandations relèvent d’une profession de foi digne du Medef : mettons-les au boulot, et donnons-leur des chefs. Pour le bien être des élèves, bien entendu.

Extraits commentés :

« Contester au chef d’établissement toute légitimité pour évaluer la qualité pédagogique d’un enseignant ne relève pas de l’évidence, dès lors que nombre de systèmes éducatifs étrangers opèrent un choix inverse ». (p. 57)

La Cour des comptes insinue donc que l’idée de l’évaluation des enseignants par le chef d’établissement (idée déjà mise sur la table par Chatel il y a deux ans), n’est pas une idée inepte puisque d’autres pays le font. Or transposer les systèmes éducatifs d’un pays à l’autre relève de l’imposture intellectuelle car on le sait, chaque système à ses spécificités, imbriquées les unes dans les autres.

« L’affectation des professeurs des écoles au collège et d’enseignants du second degré à l’école primaire, qui permettrait l’organisation de l’école du socle, n’est pas autorisée. L’absence de polyvalence des enseignants intervenant au collège constitue l’un des obstacles à ces échanges croisés entre premier et second degré » (p. 59)

La Cour compte donc sur la polyvalence pour résoudre les problèmes "d’organisation". Il n’est pas ici question de pédagogie, mais bien de « gestion » des enseignants. Nous y voilà.

« La place des écoles et des établissements est mal définie et la légitimité des directeurs et des chefs d’établissement mal reconnue ». (p. 59)

Le rapport là encore insiste sur l’importance de la hiérarchie, qui doit être renforcée dans sa légitimité. Voilà un désir de caporalisation assumé, ayant pour objectif de mettre au pas des enseignants jugés trop remuants. Ce qui est rassurant, finalement.

Pour de plus amples détails sur le constat et les préconisations de la Cour des comptes, lire le rapport ci-joint, en PDF.

Goujounac : la lutte continue

Avant les vacances de printemps, nous avions rapporté la situation de l’école de Goujounac, menacée de fermeture et occupée par les parents.
Alors que cette fermeture semblait actée, les parents ne désarment pas et continuent à se mobiliser.
Nous reprenons ici l’article paru dans le dernier numéro du Lot en Action.

Goujounac : le mouvement contre la fermeture de l’école se poursuit

Le Lot en Action. Mis en ligne le 14 mai 2013.

Les parents d’élèves du RPI Goujounac/Pomarède/Frayssinet le Gélat /ST Caprais, soutenus par les habitants du village de Goujounac poursuivent le mouvement contre la fermeture de l’école.
Après diverses actions engagées depuis l’annonce de fermeture en février dernier (occupation symbolique de l’école, animation Lundi de Pâques, reportage France 3 midi Pyrénées, simulation transport ramassage scolaire, interpellation courriers élus…) ils poursuivent leur mouvement par une marche des 4 villages du RPI le dimanche 26 mai.
Déterminés à obtenir la réouverture de l’école, ils poursuivent donc leurs actions jusqu’aux prochains CTSD et CDEN de juin et juillet qui entérineront ou pas la disparition du dernier service public dans un petit village lotois.

http://www.lelotenaction.org/pages/infos-locales/goujounac-le-mouvement-contre-la-fermeture-de-l-ecole-se-poursuit.html

Les APC, les rythmes et l’arithmétique

Activités Pédagogiques Complémentaires :

Suite à notre article de la semaine dernière, nous tenons à rappeler que les APC sont un espace de « liberté » dont le contenu est défini en conseil des maîtres.

Il n’y a pas de circulaire demandant un pilotage par les IEN. Or, les écoles de Cahors 2 ont reçu une invitation de la part de l’IEN à une réunion pour le 26 juin à propos des APC.

Cette réunion n’est pas obligatoire. Il est même étonnant qu’elle soit proposée car les conseils des maîtres doivent pouvoir travailler sans pression hiérarchique. De plus, de nombreuses équipes changent et souhaiteraient pouvoir préparer sereinement la rentrée prochaine.

Pour ce qui est de la connaissance des textes relatifs aux APC, ils sont à la disposition de chacun dans le BO dont voici le lien :

http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.htmlcid_bo=66991

Le mercredi 26 juin devrait être déclaré « journée de repos pour les enseignants qui ont tous fait beaucoup d’heures sup dans l’année ».

La semaine de 4,5 jours :

Beaucoup de problèmes apparaissent au sujet de l’organisation de la semaine en cette fin d’année.

De nombreuses décisions ont été prises dans le dos des enseignants.

Des RPI ont été touchés par des décisions qui vont à l’encontre de celles des conseils d’écoles.

En outre, il y a fort à parier que les personnels recrutés par des associations qui prétendent fournir à bon prix des animateurs, viendront en réalité grossir les rangs des précaires gravitant autour de l’EN.

Une occasion manquée de s’appuyer sur le tissu local.

Faites-nous remonter les décisions qui ne sont pas conformes aux souhaits des enseignants ou des conseils d’écoles.

Temps de service obligatoire avant les heures de classe :

l’arithmétique à portée de chacun.

Nous devons tous prendre notre service 10 minutes avant le début de la classe le matin et l’après-midi, ce qui induit tout de même 80 minutes dans la semaine qui ne sont jamais comptabilisées.

Pour ceux qui passent à 4,5 jours, il y aura 10 minutes de plus le mercredi matin.

Nous en sommes donc à un total de 90 minutes offertes par les enseignants car elles se font sans compensation.

On n’est pas près de changer notre image de fonctionnaires corvéables...

Campagne pour le boycott du LPC

Il ne s’agit pas d’une « simple » pétition mais bien d’un engagement collectif à ne pas remplir le LPC.

Cette année encore, un « livret personnel de compétences » (LPC) nous est imposé par le Ministère et notre hiérarchie. Il nous est demandé d’y recenser les compétences acquises par nos élèves en fin de CE1, de CM2 et de 3ème.

Pourquoi sommes-nous opposés au LPC ?

- Parce qu’il est inutile : il s’ajoute au livret scolaire en usage dans les écoles et collèges.

- Parce qu’il est incompréhensible dans sa formulation, beaucoup trop dense et ne laisse aucune place aux commentaires écrits.

- Parce qu’il est absurde d’évaluer de façon simpliste : dans le LPC, une compétence est acquise ou non-acquise alors qu’en réalité elle s’acquiert de façon progressive.

- Parce qu’il contribue à remplacer la recherche et les apprentissages par des exercices de bachotage. Nous faudra-t-il enseigner que ce qu’on nous demande d’évaluer ?

- Parce qu’il contraint les enseignants à des pratiques visant d’abord à se conformer aux souhaits de leur hiérarchie.

- Parce qu’il participe à la mise en concurrence des élèves, des enseignants et des écoles ; parce qu’il utilise pour l’enseignement des concepts propres à certaines entreprises (contrat d’objectifs, référentiel de compétences…).

- Parce qu’il est dangereux : il est informatisé pour le second degré et le sera à terme pour le primaire. Les résultats des élèves - qui ne devraient concerner qu’eux et leurs familles - seront fichés dans les bases de données “base-élèves” et “SCONET”, et cela pour leur vie entière... avec quelle sécurisation ?

- Parce qu’il conditionne l’obtention du brevet des collèges.

- Parce qu’il tend à se substituer aux diplômes et donc aux conventions collectives.

En conséquence, nous, soussignés, nous engageons collectivement et solidairement à ne pas remplir le LPC et à soutenir activement ceux d’entre nous qui subiraient des pressions ou sanctions de la part de notre hiérarchie.

Pour participer au boycott :

http://www.boycott-lpc.lutter-agir.org/

Agenda militant

> Art et activisme

A voir sur internet, Ai Wei Wei, artiste contemporain, continue d’égratigner le pouvoir chinois dans un clip où il met en scène sa détention en prison.
A Paris, une FEMEN, seins nus et arme factice au poing dénonce le fascisme en simulant un suicide dans Notre-Dame.

Deux actions où l’art est subversif et engagé.

http://www.liberation.fr/societe/2013/05/22/seins-nus-et-arme-factice-a-la-main-une-femen-mime-un-suicide-a-notre-dame_904871

http://aiweiwei.com/

> Une nouvelle livraison du LEA

Au sommaire du n° 71 : les centrales solaires, les radios libres...

http://www.lelotenaction.org/pages/le-journal/le-lot-en-action-71.html

> Fête des solidarités à Sarlat le 25 mai

Fête des arts et de la solidarité place de la Rigourdie à Sarlat le 25 Mai de 10h à 18h :
restauration , infos, musique...
organisé par l’association "La main tendue" qui œuvre à soutenir les réfugiés Syriens.
Venez nombreux faire vivre LES SOLIDARITES !

http://maintenduepourladignite.unblog.fr

> Le printemps en fanfares samedi 25/05 à Figeac !

L’association Declam qui organise le Festival Le Printemps en fanfares a invité des paysans de la Conf’ du Lot pour :

- un ciné-débat sur l’agriculture : projection du film Le Temps des Grâces à 15h suivi du débat (chapelle de la Sainte Famille)
- la restauration du soir avec un marché de pays des producteurs locaux (place de la Raison)

Alors retrouvons-nous samedi 25 mai à Figeac

http://declam.jimdo.com/


Merci de transmettre ce mél à tous les personnels de l’école.
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