Lettre de SUD-Éducation 46 / n°26

lundi 20 mai 2013
par  p_sud
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Bonjour,

  1. Les APC en questions.
  2. Hollande et les pigeons
  3. Enfants sans papiers : retour à l’aire Sarkozy ?
  4. La morale laïque : La guerre aux pauvres commence à l’école
  5. Agenda militant.

Les APC (Activités pédagogiques complémentaires) en questions

Bientôt, nous aurons à informer notre inspecteur-trice de l’organisation des APC.

Passons sur le travail supplémentaire demandé aux enseignants sans compensation ni aide.

Nous allons tenter de déblayer le terrain.

Il apparaîtrait que cette activité n’est pas liée à la difficulté de l’élève, comme c’était le cas de l’aide individualisée.

Or selon le Bulletin officiel :

(http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.htmlcid_bo=66991)

Les activités pédagogiques complémentaires permettent :

- une aide aux élèves rencontrant des difficultés dans leurs apprentissages ;

- une aide au travail personnel ;

- la mise en œuvre d’une activité prévue par le projet d’école, le cas échéant en lien avec le PEDT.

Il est donc clairement écrit que les APC peuvent être une aide aux élèves en difficultés ou qu’elles doivent s’inscrire dans le projet d’école.

Or nous savons que celui-ci est élaboré à partir des difficultés constatées aux évaluations nationales.

Tout cela manque de clarté et l’on risque de devoir jongler entre les projets de l’équipe enseignante et l’avis des IEN qui pourront diverger.

Sinon, certains d’entre nous voient dans les APC la possibilité de faire évoluer notre pédagogie en proposant des activités différentes.

C’est le moment de ressortir les lego® achetés il y a quelques années. On pourra construire, apprendre à chercher des informations sur une notice de montage, expérimenter, se tromper, discuter...

On pourra aussi faire des jeux de société, du théâtre, du jardinage, de la lecture, du conte...

Voici quelques exemples d’activités :

Utiliser des jeux de logique, de stratégie, pour travailler de façon ludique des compétences et des savoirs-être utiles pour une scolarité réussie, aider à la préparation d’exposés en utilisant la BCD, Internet, Faire du théâtre, en préparant des scénettes ou des sketches, réaliser un journal ou un blog de classe, mener des expériences scientifiques toujours délicates à réaliser en grand groupe, faire vivre le conseil des délégués-élèves ou pour assurer la formation d’élèves médiateurs de conflits

A nous de faire fi des opinions des IEN et de nous emparer de ce qui peut devenir un espace de liberté.

Hollande prêt à livrer l’école républicaine au Medef et aux « pigeons » ?

02 mai 2013 Par MATTHIEU LEPINE dans Médiapart

Encore une victoire pour les « pigeons » !

En octobre dernier, ils obtenaient en quelques jours des concessions du gouvernement concernant le projet de taxation des plus-values de cessions d’entreprises. Ce lundi, après s’être entretenu avec ces « entrepreneurs » aux dents longues, François Hollande annonçait la mise en place d’ « un programme sur l’entreprenariat » dans les établissements scolaires « de la sixième à la terminale ».

On peut se demander quelle est la botte secrète de ces « pigeons » qui font mouche à tous les coups ? Quant au gouvernement, il décide une fois de plus de prendre le parti de l’oligarchie !

Après le passage en force sur l’ANI ou encore la trahison concernant l’amnistie sociale, il s’attaque dorénavant à la neutralité de l’école républicaine. Quoi qu’en disent mes amis militants, sympathisants ou électeurs socialistes, François Hollande suit plus que jamais les traces de son prédécesseur Nicolas Sarkozy et cela n’annonce rien de bon !

Lire la suite de l’article :

http://blogs.mediapart.fr/blog/matthieu-lepine/020513/hollande-pret-livrer-l-ecole-republicaine-au-medef-et-aux-pigeons

L’arrestation des enfants de Sans-Papiers dans les écoles est-elle légitime selon M. Valls ?

COMMUNIQUÉ COMMUN FCPE, FSU, CGT Educ’action, SNUIPP-FSU, Sud-Éducation, CIMADE, GISTI, LDH, MRAP, RESF

La question mérite en tout cas d’être posée suite aux événements survenus la semaine dernière dans une école de Nîmes.

Le 6 mai, Khava Plieva, réfugiée tchétchène déboutée de sa demande d’asile était arrêtée et placée en rétention pour être expulsée vers la Pologne en application des accords dits Dublin 2. Ses deux enfants étaient en classe, à l’école Gustave Courbet à Nîmes, l’un en maternelle, l’autre en primaire. La police téléphonait aux directeurs pour leur demander de retenir les enfants afin qu’ils soient arrêtés après la sortie des élèves, sans doute pour ne pas procéder à leur interpellation sous les yeux des autres enfants et des parents.

Mais, un voisin, dûment autorisé par la mère des enfants, s’est présenté et les a emmenés.
Il faut se réjouir que l’intérêt supérieur des enfants soit passé avant les considérations policières et qu’ils n’aient pas attendu pour être emprisonnés avec leur mère. Arrivés avec deux voitures et un fourgon les policiers ont dû constater leur absence.

La préfecture du Gard a finalement reculé : Khava Plieva a été libérée après 48 heures de rétention, le 8 mai vers 21 h, une mesure prise « dans l’intérêt supérieur des enfants » assure le préfet. Une préoccupation étonnante de la part d’un haut fonctionnaire qui venait d’emprisonner une mère et de tenter de faire arrêter ses enfants à la porte de l’école pour les enfermer avec elle avant de les expulser. Mère qui aujourd’hui craint de ramener ses enfants à l’école par peur d’une interpellation.

S’il s’agit d’une initiative malheureuse d’un préfet, il faut que le ministre la condamne et annonce les mesures propres à empêcher qu’elle se reproduise. Ne pas le faire reviendrait à autoriser que l’on arrête des enfants de sans-papiers dans les écoles, une pratique qui évoque de bien mauvais souvenirs.

Rappelons que, quand il était Ministre de l’Intérieur M. Sarkozy avait tenté de systématiser le procédé. L’indignation des enseignants, des parents d’élèves l’avait contraint à pratiquement y renoncer tout comme ses successeurs Hortefeux et Besson. Les dernières opérations de police connues aux abords d’une école, des faits isolés en réalité, datent du 1er décembre 2008, à Grenoble, puis du 7 janvier 2011 à Langeac (43).

La pratique de l’arrestation des enfants dans ou à la porte des écoles est inacceptable. La société civile ne l’a pas tolérée sous Nicolas Sarkozy. Ce n’est pas plus acceptable aujourd’hui.

L’enseignement de la morale laïque : une nouvelle guerre faite aux pauvres.

La Guerre aux pauvres commence à l’école : sur la morale laïque, entretien avec Ruwen Ogien

Sur le site Questions de Classe(s)

L’enseignement de la morale laïque devra-il ressembler à celui des sciences naturelles ou de la natation ? Savoir nager ne consiste évidemment pas à être capable de décrire les mouvements de la brasse sur une copie d’examen ! Et si apprendre la morale laïque, c’est comme apprendre à nager, si c’est la transformation des conduites de l’élève qui est visée, comment sera-elle évaluée ? En soumettant l’élève à des tentations (tricher, voler, mentir, tromper, etc.) pour voir s’il y résiste ? En instaurant une surveillance permanente des élèves en dehors de l’école par des agents spécialisés ? En construisant des confessionnaux « laïques » où l’élève devra avouer au professeur de morale ses péchés contre le « vivre ensemble » ou le bien commun ?

Comment un enseignement de la fraternité peut-il être dispensé dans le contexte d’un système qui cultive la concurrence acharnée entre les élèves et les établissements scolaires ? Comment un enseignement de la liberté et de l’égalité pourrait être donné dans le contexte d’une institution organisée comme une armée, outrageusement centralisée et hiérarchisée, où les enseignants souffrent plus, finalement, de mépris et du contrôle permanent de leurs supérieurs que des provocations de leurs élèves ?

L’idée qui se répand à nouveau, comme si on revenait au XIXe siècle, c’est que si vous êtes riche, c’est que vous le méritez, et que si vous être pauvre, c’est de votre faute. Vous ne vous levez pas assez tôt, vous ne cherchez pas un emploi avec suffisamment de persévérance, vous préférez être assisté, et ainsi de suite.

On cherche de plus en plus massivement à « blâmer la victime ». C’est ce que j’appelle la guerre intellectuelle contre les pauvres.

Cette guerre aux pauvres s’exprime aussi dans les tentatives d’expliquer la situation des plus défavorisés par des déficits moraux des individus, plutôt que par les effets d’un système social injuste à la base, et d’une redistribution des bénéfices de la coopération sociale et économique qui ne permet pas de compenser les handicaps initiaux.

Agenda militant

> Debout face à la haine ! Homophobes, lesbophobes, transphobes : au placard - Dans la rue le 17 mai

L’Union syndicale Solidaires s’inscrit dans la lutte contre l’homophobie et revendique pour les homosexuel-les et pour toutes les minorités opprimées par les normes de genre :
- l’égalité de droit plénière en matière d’adoption et de filiation ;
- la levée de toute discrimination dans le monde du travail ;
- la fin de la psychiatrisation des personnes trans. ;
- l’abolition des actes médicaux forcés pour les trans. comme pour les intersexes.

http://www.sudeducation.org/DANS-LA-RUE-LE-17-MAI-Debout-face.html

> Banque de France : Rassemblement mardi 21 à Cahors

Le gouverneur de la Banque de France, Christian Noyer, tente d’imposer un plan de destruction massive du service public qu’est la Banque de France :

· Suppression de 2500 emplois

· Concentration du traitement des dossiers surendettement et entreprises dans des usines à dossiers.

· Les succursales départementales (comme Cahors) n’auront plus que des activités d’accueil guichet (front office).

La succursale de Cahors, à l’horizon 2020, ne serait plus qu’une coquille vide, les dossiers seraient traités à Toulouse sans connaissance ni du tissu économique ni des interlocuteurs locaux. Le service public de proximité est attaqué de front.

Si la Banque de France ne peut plus remplir ses missions à Cahors ce sont les collectivités locales qui seront en première ligne, notamment pour les dossiers de surendettement.

Si la cotation des entreprises du Lot est faite à Toulouse, elle se fera sans la connaissance du tissu économique local et risque de voir ces cotations se dégrader et ainsi de rendre plus difficile l’accès au crédit pour les entreprises lotoises.

Il existe un projet intersyndical (8 syndicats) ambitieux pour une Banque de France au service des citoyens qui fait des propositions concrètes. Ce serait une grave erreur de ne pas utiliser les moyens dont est pourvu la Banque de France face à cette grave crise économique que nous subissons.

Lors des dernières réunions avec le gouvernement de la Banque, le personnel mobilisé a réussi à maintenir le traitement de 15% des dossiers dans les succursales départementales (dont Cahors). Le dernier Comité Central d’Entreprise est le 24 mai, c’est pourquoi nous serons en grève le mardi 21 mai, date d’une Commission Mixte Permanente consacrée au plan Noyer.

Le personnel de Cahors sera devant la Banque de France, rue Wilson, de 10h à 12h00 le mardi 21 mai et vous invite à venir le rencontrer.

> Un autre monde est possible ! Résistance !
une vidéo de l’union syndicale Solidaires

http://www.solidaires.org/


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