Lettre de SUD-ÉDUCATION 46 / n°20

dimanche 17 mars 2013
par  p_sud
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  1. Grève nationale le 28 mars.
  2. Second degré : un élevage intensif au service du patronat
  3. Conseils d’écoles, conseils aux écoles
  4. Les écoles qui chantent : la véritable histoire d’une chanson populaire
  5. Agenda militant.

Grève nationale le jeudi 28 mars

À l’appel des fédérations FERC-CGT, FNEC-FP-FO, SUD éducation et la FTE-CNT

Après la très forte mobilisation lors de la grève nationale du 12 février, le ministre n’a apporté aucune réponse aux personnels. Il a pris ainsi la responsabilité d’aboutir à une situation de blocage dans le premier degré.

Le lundi 25 mars, à l’appel de leurs syndicats départementaux (SNUipp-FSU, SNUDI-FO, SE-UNSA, CGT Educ’action, SUD éducation, STE 75 CNT), les professeurs des écoles seront à nouveau en grève à Paris pour l’abrogation du décret sur les rythmes scolaires.

Cette réforme inacceptable n’a reçu l’approbation d’aucune organisation syndicale. Le ministre doit rediscuter avec les personnels et leurs organisations syndicales dans les plus brefs délais.

Pour cela, il doit abroger le décret sur les rythmes scolaires et mettre en chantier un autre projet qui réponde aux besoins des élèves et aux revendications des personnels.

Ce texte, s’il était mis en œuvre, n’apporterait aucune amélioration significative pour les élèves et dégraderait un peu plus les conditions de travail des personnels.

Pour nos fédérations, la politique gouvernementale sur la question des rythmes scolaires s’inscrit dans la logique de la loi d’orientation qui va dans le sens d’une territorialisation de l’école et d’un éclatement du cadre de référence nationale avec :

- Le pilotage des cartes de formation professionnelle,

- La prise en charge des services d’orientation par les régions,

- Le transfert aux collectivités locales de missions dans le premier degré comme dans le second degré.

Un pas supplémentaire sera franchi vers une décentralisation de notre système éducatif.

Toutes ces raisons nous amènent à nous opposer au projet de loi présenté par Vincent Peillon.

Sur de nombreux autres sujets, nos fédérations constatent que le gouvernement ne rompt pas avec les politiques précédentes. Les salaires et traitements ne sont toujours pas revalorisés, les fondements mis en place par la loi Fillon de 2005 ne sont pas remis en cause, la programmation budgétaire est très insuffisante, comme le confirme la communication des mesures de carte scolaire et des dotations horaires pour la rentrée 2013. Les conditions de vie et de travail, pour de trop nombreux élèves et personnels, continuent à se détériorer et la précarité se développe.

Les fédérations FERC CGT, FNEC FP FO, SUD éducation et la FTE CNT se sont rencontrées le mardi 5 mars, elles appellent tous les personnels à faire

grève le jeudi 28 mars 2013

et à se réunir pour décider des suites à donner à la mobilisation pour obtenir :

- l’abrogation immédiate du décret sur les rythmes scolaires

- l’ouverture de réelles négociations sur les revendications des personnels

En Pj, l’appel inter-fédéral

Second degré : un élevage intensif au service du patronat

« L’éducation est un levier de compétitivité »

« assurer une évaluation permanente de l’adaptation de l’offre des formations aux besoins de compétences des employeurs. »

affirme Jean-Marc Ayrault dans son "Pacte pour la croissance"

Collèges, lycées et LP au centre de la marchandisation...

« L’éducation est un levier de compétitivité » affirme Jean-Marc Ayrault, d’où la décision n°20 de son « pacte pour la croissance » : « assurer une évaluation permanente de l’adaptation de l’offre des formations aux besoins de compétences des employeurs. » Ainsi les valeurs et les objectifs assignés à l’éducation nationale relèvent avant tout de l’utilitarisme économique.

Ceci ne fait que s’inscrire dans la lignée d’un certain nombre de mesures déjà en œuvre dans le second degré (bilan de compétences, "Parcours de Découverte des Métiers et des Formations", augmentation du poids du stage en LP, stage en entreprise obligatoire au collège…). Il est même question de « co-éducation avec l’entreprise » et V. Peillon a promis le 15 novembre la création, en 2013, d’un conseil « pour que les chefs d’entreprise soient représentés à l’éducation nationale » et présents dans les conseils d’administration... Adapter les formations et les élèves aux besoins des entreprises dès la sixième, organiser un contact des enseignant-e-s avec le monde de l’entreprise au cours de leur formation, poursuivre une gestion des établissements inspirée du privé, serait-ce le « nouveau » crédo du gouvernement socialiste ?

…et de la régionalisation du système éducatif

L’acte III de la décentralisation, annoncé dans le projet de loi d’orientation, organise le transfert aux régions de la carte des formations de la voie professionnelle. C’est un moyen pour réduire les formations financées par l’État ou d’en régionaliser certaines sous le statut de l’apprentissage. On voit sans peine l’intérêt du Medef pour une définition locale des formations au plus près des besoins des entreprises de la région ! Nos inquiétudes sont grandes pour le caractère national de diplômes délivrés à l’issue de formations régionalisées, mais aussi pour l’avenir du statut des personnels d’État dans une décentralisation de l’enseignement professionnel qui avance masquée.

La situation promise aux COP, qui seraient soumis à une double tutelle État/Région, voire même devraient choisir entre rester fonctionnaire de l’EN ou devenir fonctionnaire de la Région, va aggraver les inégalités territoriales suivant les choix des Conseils régionaux, détruire l’orientation scolaire et remettre en cause les garanties statutaires des personnels d’orientation et… des enseignant-e-s qui devront sans doute s’y substituer.

Cette double emprise des collectivités territoriales et de l’entreprise s’accompagne aussi du formatage des jeunes voués à accepter la soumission à un modèle économique basé sur la compétitivité, la rentabilité, l’employabilité et la précarité.

Pour SUD éducation, l’école ne doit pas devenir un levier de compétitivité mais bien un lieu d’émancipation et de coopération.

La suite du 4 pages de la fédération Sud-Education sur la refondation dans le second degré :

http://www.sudeducation.org/Refondation-dans-le-2nd-degre.html

Conseils d’écoles, conseil aux écoles :

Voici venir la période des deuxièmes conseils d’école de l’année, il devra se tenir avant la date du 31 mars.

Les rythmes scolaires 2013-2014 devront figurer à l’ordre du jour.

Auparavant, les maires et les communautés de communes auront fait leur choix de modification des rythmes en fonction de leurs possibilités et de leurs choix politiques.

Le conseil de maîtres, doit arriver avec une proposition prenant en compte le périscolaire. Il semble intéressant de choisir des horaires décalés afin d’optimiser le temps des intervenants, c’est à dire, une classe de 13h30 à 14h15 et une classe de 15h45 à 16h30.

Il ne faut pas oublier les APC (Activités Pédagogiques Complémentaires) qui donnent lieu à 1h00 par semaine à concurrence de 36 par an.

Les points qui vont poser problème :

> l’annualisation des APC

Elle est autorisée par les textes mais n’apparaît pas dans les choix académiques.

> Le samedi et la fin de classe après 16h30 :

Le samedi ne peut-être travaillé que sur dérogation. Or le DASEN attend qu’on lui démontre l’intérêt de ce choix, ce sont ses propos.

Pourtant, selon nous, le samedi travaillé permet de combler en partie la rupture du WE et n’empêche pas le mercredi matin de continuer à se dérouler comme depuis longtemps dans le Lot (où la semaine de 4 jours a toujours été plébiscitée), entre activités sportives, culturelles, vie familiale et malheureusement les devoirs (pourtant la nouvelle loi réaffirme l’interdiction des devoirs écrits à la maison).

Le rythme de l’enfant, qui suppose une activité adaptée en fonction des heures, devrait imposer une organisation où la classe se tiendrait de 14h30 à 17h00.

Malheureusement cette organisation n’a pas la faveur du DASEN.

Encore une fois cette réforme des rythmes vise à enlever 30 à 45 minutes de classe par jour plein tout en conservant l’amplitude horaire actuelle.

À l’heure ou on vous envoie ce mail, seul un article a été voté en 3 jours de « débats » sur la loi de refondation.

Écoles qui chantent : la véritable histoire d’une chanson populaire

Pour les collègues qui font les écoles qui chantent et qui n’ont pas complètement saisi le sens de « nous n’irons plus au bois... », un petit historique de la chanson tiré de l’interview de Alain Baraton, jardinier de Versailles et présent dans son livre « l’amour à Versailles » :

L’origine la plus lointaine de cette mignonne comptine vient d’une décision de notre bon Louis IX plus connu sous le nom de St Louis.

Le gars était plutôt porté sur les bondieuseries et, même s’il ne cherchait pas à bâcher les femmes comme certains de nos contemporains, ça le gênait aux entournures de voir des femmes se prostituer à deux pas de chez lui dans divers établissements de la bonne ville de Paris.

Ces maisons de passe étaient souvent de vulgaires et insalubres baraques en planches ; or le mot planche se disait "bord" en germain, ce qui par extension donna en ancien français le terme "borde" dès le XIIème siècle, ce qui signifiait "baraque".

Voilà pourquoi l’on nomma "bordel" les établissements où l’on pratiquait l’intromission et l’aspiration à divers niveaux et, pour les distinguer des autres baraques où l’on pratiquait d’autres activités plus licites, on y suspendait une branche de laurier au-dessus de la porte.

Mais voilà, le Louis qui n’était pas encore Saint, ça le dérangeait tout ce stupre, alors il fit interdire ces horribles lieux de débauche par un édit de 1254.

C’est ainsi que l’on vit apparaître la version primitive (aujourd’hui disparue) de la chanson dont le sens s’éclaire sous un nouveau jour

(version du XVIIème siècle ) :

Nous n’irons plus aux bois (baraque en bois= bordel)

Les lauriers sont coupés... (interdits)

Quant à la belle que voilà, on voit bien quel est son métier...

En ce qui concerne le refrain, ai-je besoin de vous faire un dessin ?

Et oui, il n’y a pas de lauriers dans les bois...

En espérant que cet éclairage donnera à tous l’envie... de chanter avec plus encore de conviction.

Bien sûr, cet historique qui n’est pas un canular peut-être utilisé pour présenter la chanson au public.

(merci au lutin d’Ecouves pour la confirmation et le texte original)

Agenda militant

> Communication de l’asso Écoles Tiers-Monde 46 :

C’est demain Vendredi 15 Mars à Cahors :
- 18h au Bar’ouf :échanges/infos pour une Foire à l’autogestion ds le 46
- 19h Rassemblement à l’appel d’Amnesty, LDH, Acat...pour la Paix en Syrie
- 20h Débat contre l’austérité proposé par le FDG 46 à la Bourse avec 2 invités (Emploi ds le 46 et transition écologique)

et (sous réserve) Samedi 14h : Échos du monde sur l’intervention militaire française au Mali sur Antenne-d-oc...

> Rencontre-débat : agir pour la transition énergétique

L’association Quercy Blanc Environnement organise le samedi 30 mars 2013, à Montcuq (espace d’animations), une journée de rencontres-débats autour du thème
"Agir pour la transition énergétique".

Contacts : Charles Farreny : 05 65 22 92 20
charles.farreny@wanadoo.fr

> Le Nouvel Éducateur n°211 - L’histoire-géo... pas sans nous ! a paru :

http://www.icem-pedagogie-freinet.org/node/32429


Merci de transmettre ce mél à tous les personnels de l’école.
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