Lettre de SUD-ÉDUCATION 46 / n°19

jeudi 21 février 2013
par  p_sud
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  1. CDEN du 19 février.
  2. Des espoirs d’écoles
  3. Rythmes scolaires
  4. L’élève muet
  5. Agenda militant.

CDEN du 19 février

Morts De Rire et coup de colère !
Comment ne pas rire et aussi s’inquiéter de ce qu’un syndicat qui s’est abstenu lors du vote des fermetures d’écoles contre toute logique puisse au soir du CDEN nous faire croire que le revirement possible de l’administration est de son fait.

Rappelons quand même que la carte scolaire de -5 dans le Lot est une aberration par rapport à ce qu’a déclaré le ministre depuis sa prise de fonction.

Cette aberration a été dénoncée à plusieurs reprises auprès du préfet et du DASEN, en particulier lors des mouvements du 31 janvier et du 12 février. Ces interlocuteurs n’avaient pas besoin d’un dessin pour comprendre le problème et les raisons des mobilisations.

À force de vouloir plaire à l’administration et de nous faire croire qu’il était le seul interlocuteur de l’administration, notre beau SE-Urfeur s’est mangé le premier rocher venu. Les choses ne sont plus aussi simple que sous Sarkozy, les services du ministère n’ont pas eu de mal à se rendre compte que la situation était difficile dans le Lot alors que les moyens existent.
Ces moyens pourraient être donnés dans le Lot. Le ministère serait plus courageux que le syndicat abstentionniste.
Et comme le rappelait un autre syndicat, le mouvement du 12 était fait de multiples revendications dont les fermetures de classes.

Si il y a victoire, c’est bien celle des enseignants qui se sont mobilisés, pas celle d’un syndicat qui montre ici de manière criante qu’il ne représentera pas les personnels mais ses propres intérêts.

Chers collègues, après les vacances, restons mobilisés pour que les logiques comptables ne soient plus jamais les bienvenues à l’éducation nationale.

Des espoirs d’école

Goujounac, Aynac, Catus, Le Montat, Luzech...

Les représentants de SUD46 sont partis à la campagne ce jeudi pour rencontrer les parents, élus et employés qui font entendre leurs voix pour le maintien de leurs classes ou écoles de qualité en milieu rural.

Nous avons rencontré les parents et enseignants de Goujounac et Frayssinet le Gélat.

Ces écoles ont un cadre idyllique, de la place, des investissements ont été faits qui donnent un accès au numérique aux élèves, une bibliothèque en classe et dans le village, une salle de motricité.

À la cantine de Frayssinet, le repas préparé par la cantinière nous a donné envie de rester manger, nous avons pris rendez-vous pour fêter la concrétisation de nos espoirs.

Les enfants n’ont pas l’air traumatisé de ne pas être dans un grand groupe scolaire. Les parents présents ont tenu à nous faire part de leur satisfaction à propos de ce service public de proximité et de la qualité de l’enseignement dispensé.

Ce qui est triste pour l’école de Goujounac, c’est que l’enseignante est présente depuis 4 ans, faisant d’elle une personne de confiance pour les parents et partenaires.

Le sentiment de frustration des élus et parents est tel que les discours sur les 4 jours et demi semblent raisonner comme des diktats supplémentaires. En attendant, les enseignants ne seront pas consultés et les parents d’élèves de maternelle qui le peuvent garderont les plus petits à la maison le mercredi.

Nous nous joignons à eux pour crier que le maillage scolaire du territoire doit-être respecté, que l’investissement scolaire est à long terme, que l’école de Goujounac doit continuer à vivre.

Prenez un peu de temps, allez rencontrer les habitants, visiter les ateliers d’artistes et admirer la beauté de ce village, usez le macadam à Goujounac, c’est l’occasion de visiter le village condamné.

Quelques heures avant, nous étions au Montat où les parents demandent l’ouverture d’une classe qui est indispensable pour assurer la qualité de l’enseignement. Les parents l’ont compris, qu’en sera-t-il des décideurs de l’Éducation Nationale.

Rythmes scolaires 2013

Ou quand le temps est venu de prendre en compte les partenaires et les intervenants extérieurs.

De nombreuses informations nous sont adressées par certains syndicats pour organiser nos journées, d’autres, par la hiérarchie pour nous rappeler que nous devons agir en bons fonctionnaires respectueux des décisions du ministre.

La hiérarchie a oublié que nous agissons toujours comme cela et que cette modification de la semaine ne passe absolument pas par les enseignants, qu’il ne faudrait pas rendre ceux-ci responsables des difficultés que cette réforme rencontre.

En effet, il ne vous aura pas échappé que les mairies organisent et financent les activités périscolaires et que dans ce cas, elles détiennent le pouvoir de décider en fonction de leurs capacités financières et leurs options politiques.

Le Conseil Général est décisionnaire en termes de transports et il donnera le cadre.

D’après les informations du quotidien local, le Conseil Général s’est réuni sur le sujet et il précise qu’il ne fera pas un transport à la carte, ce qui engendrerait des surcoûts.

Là encore, les limites sont financières et les propos illustrent le besoin d’un cadre précis dans lequel s’exerceront les libertés d’organisation.

Le ministre, lui, a bien entendu les enseignants mais il est à l’écoute des maires des grandes villes qui démontrent qu’ils ont la décision entre les mains, comme à Lyon. Enfin, M. Peillon attend la décision de la mairie de Lille.

Il faut savoir, aussi, qu’à Toulouse, ville exemple pour les 9 demi journées, le problème du périscolaire supplémentaire n’est pas réglé. Le taux d’encadrement des élèves en périscolaire leur pose beaucoup de problèmes, tant au niveau du budget que du recrutement des personnels*. Une modification à venir du taux d’encadrement permettrait de passer de 1 encadrant pour 10 enfant de maternelle à 1 pour 14 et d’alléger le problème.

Nous pensons qu’il est inutile et dangereux pour les enseignants de vouloir prendre du pouvoir dans ces décisions, nous devons, dans le cadre de nos fonctions respecter les partenaires qui sont les investisseurs et décideurs désignés par le gouvernement.

Nous pouvons par contre éclairer les débats s’ils sont démocratiques, c’est à dire si on nous demande votre avis, ce qui n’est pas vraiment le cas de manière formelle.

Il faut surtout prendre note des difficultés prévisibles pour ne pas être mis en danger quant-à nos responsabilités d’enseignants, de chargés d’écoles ou de directeurs.

Tout ceci et l’observation d’une stricte égalité des élèves quelque soit leur lieu de scolarisation peut faire l’objet d’une information aux syndicats, qui ont mandat, pour intercéder et soutenir l’expression de votre point de vue et éviter à l’enseignant de se mettre en position délicate avec la mairie qui est son partenaire quotidien.

N’oublions pas que les IEN qui parfois passent au dessus de nous dans la relation avec la mairie ne restent pas aussi longtemps que les enseignants sur leur poste.

N’oublions pas non plus l’existence du CHSCT** pour les questions Hygiène et Sécurité, c’est une émanation de la lutte syndicale qui a pour objet d’assurer le respect des règles d’hygiène et sécurité.

*L’organisation du périscolaire pour le personnel municipal là où il doit être recruté pourrait au mieux créer 6 heures de présence effective. Il faut pour cela deux écoles dont une fait ¾ d’heures de 13h30 à 14h15, l’autre de 15h45 à 16h30 par exemple. Il faut donc décaler les moments de périscolaire (quid du rythme de l’enfant). Ceci permettrait de créer 1h30 de travail par jour, soit 6h/semaine.

** Comité d’Hygiène, de Sécurité et des Conditions de Travail
http://www.education.gouv.fr/pid25535/bulletin_officiel.html?cid_bo=60754

L’élève muet

Le Collège Olivier de Magny de Cahors teste une pédagogie innovante : l’élève muet.

Colère de prof.

Pour tenter de répondre aux problèmes de bavardages incessants de certains élèves, une classe entière de quatrième a été punie et s’est vue obligée, sous peine de sanctions, de ne pas prononcer un mot en cours pendant toute une semaine ! Si un élève parle à son voisin : une croix, au bout de cinq croix, dehors ! Du coup, les profs sont obligés de faire des cours magistraux, vu qu’en face ils n’ont que des carpes. Pour les questions, c’est par écrit, ça limite.

En langues vivantes, on s’en doute, on frôle l’ennui. Même, si les élèves n’apprennent rien, au moins on a la paix.

Ce type d’initiative est un cruel aveu d’échec : nous ne contrôlons plus grand-chose, nous sommes face à des élèves que l’on ne comprend plus et que l’on craint. Faute de pouvoir faire leur travail, les enseignants font face à l’urgence : se faire respecter en cours.

Il est chaque jours un peu plus évident que ce système est à bout de souffle.

Quand réinventerons nous l’école ?

Après que les élèves et les parents ne pourront plus nous respecter ?
Une fois que les enseignants, fragilisés, auront baissé les bras, auront démissionné de l’EN, ou seront définitivement sous tranquillisants.

La « Refondation » du ministre n’est certes pas à la hauteur des enjeux actuels.

A Sud éducation 46, nous prônons une diminution immédiate des effectifs de classe afin de faire baisser la tension : 20 maximum. Pour cela il faut créer des postes de profs, pas d’école sans profs.

Nous considérons que le rôle de la Vie Scolaire est central dans un établissement, Il faut renforcer cette dernière dans ses missions d’accompagnement et d’aide à l’élève.

L’Orientation doit être revue, mais pas dans le sens que propose le ministre, à savoir l’adaptation de la jeunesse aux exigences du marché du travail. Bien au contraire, l’Institution doit faire en sorte que l’adolescent soit en mesure de faire de vrais choix pour son avenir.

Des pédagogies réellement innovantes doivent être expérimentées afin de rendre les cours plus attractifs, les enseignants doivent être aidés dans cette démarche. Il faut rendre les crédits aux équipes de recherche, supprimés par l’équipe précédente.

L’aide aux élèves en difficultés, qui, en situation de décrochage, ne savent pas pourquoi ils sont là, doit être une priorité, alors qu’elle n’est aujourd’hui qu’une imposture.

Et ce n’est pas la « Refondation » du ministre qui y changera quelque chose.
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Rappel : Convention Internationale des Droits de l’Enfant, article 13 :

1. L’enfant a droit à la liberté d’expression.

Ce droit comprend la liberté de rechercher, de recevoir et de répandre des informations et des idées de toute espèce, sans considération de frontières, sous une forme orale, écrite, imprimée ou artistique, ou par tout autre moyen du choix de l’enfant.

http://www2.ohchr.org/french/law/crc.htm

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Agenda militant

> Une revue à lire sans modération, disponible à partir du site :

www.cnt-f.org/nautreecole/

> Un nouveau numéro du LEA, n° 68, dés vendredi 22 dans les kiosque, en attendant, finissez la lecture du 67.
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BONNES VACANCES !

Merci de transmettre ce mél à tous les personnels de l’école.

N’hésitez pas à nous faire part de vos remarques.

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